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Au Brésil au moment de Noël il fait 32 degrés, environ, les plages sont bondées et le soleil tape fort.
Le brésilien vit hors de chez lui. Tout est prétexte pour sortir, s'amuser, rencontrer des gens, boire, se promener, sans heure de retour.
Et le réveillon est une répétition du Carnaval qui aura lieu deux mois plus tard, environ. C'est à dire qu'on va danser et chanter sur la
plage, boire beaucoup de bière et de caïpirinha (cocktail à base de citron vert et de cachaça) et ne s'endormir qu'à l'aube.
La veille de Noël est traditionnellement une fête de famille : on mange de la dinde rôtie, on échange des cadeaux…
Si le soir de Noël, à minuit, on se rend à l'église pour la
messe de Noël, appelée "missa do galo" (messe du coq) car, bizarrement, le premier chant du coq n'est pas au lever du soleil mais vers minuit, c'est parce que les
dévotions religieuses, héritage du colonialisme, sont très ancrées.
Mais après les prières, c'est la fête collective : bals (parfois costumés) jusqu'à l'aube et bonne humeur au son de la musique traditionnelle du boi bumba interprétée par de nombreux artistes.
A São Salvador (Bahía) c'est toute l'exubérance des gens d'un peuple né du mélange des
croyances indiennes, nègres et portugaises. La ville aux 365 églises affiche un attachement féroce à ses coutumes et à ses rites.
Le spiritisme est chez lui et toutes les entités du candomblé sont à l'honneur, ainsi que la Sainte Trinité et les figures emblématiques
des Amérindiens.
Un peu partout, des capoeiristas (pratiquants de la capoeira, jeu-danse de lutte afro-brésilienne) s'affrontent
aux sons des berimbaus.
Les "trios elétricos" (ensembles de musiciens circulant dans des camions décorés et sonorisés) jouent des "frevos" (musique typique de
l'Etat de Bahía) endiablés suivis par une foule enthousiaste.
Il y a du Carnaval dans l'air…
Sur les plages, il y a énormément de monde car c'est le moment de faire des offrandes à Iemanjá et aux dieux qui veillent.
Plus tard, la mer sera recouverte de petites embarcations fleuries emportant, vers le large, des vœux, des prières, des offrandes…
Des "trabalhos" (travaux - petites offrandes pour une demande précise et adressés à une entité spécifique) sont visibles à chaque coin de rue.
Une bougie allumée, un poulet égorgé, une bouteille de cachaça…
Personne ne s'avise à toucher à ces objets déposés là. C'est interdit et ça porte malheur.
Les "terreiros" (centres spirituels de magie) aussi sont en plein rituel. Une communion vénérée et respectée, attirant adeptes et
curieux.
A minuit, après la messe du coq, suivie par de nombreux fidèles, c'est le paganisme qui reprend ses droits : les feux d'artifice éclatent et précèdent les bals qui, comme dans tout le Brésil,
durent toute la nuit.
Le cactus de Noël
La légende suivante vient du Brésil, pays d'origine du cactus de Noël (Schlumbergera truncata). Un jeune garçon qui vivait dans la jungle amazonienne avait prié Dieu de lui donner un petit signe de Noël
dans son monde chaud et étouffant. Le jour de Noël, il se lève pour se rendre compte que la jungle s'était remplie de fleurs au cours de la nuit. Les cactus qui poussaient sur les branches des
arbres environnants s'étaient tous mis à fleurir en même temps. De plus, avec leur port retombant, ils faisaient penser aux cloches de Noël. Et ainsi encore, une autre légende est née !